Le 28 juillet 2026, la FCC a ajouté les « appareils robotiques avancés » fabriqués à l’étranger à sa liste surveillée (Covered List), une mesure réglementaire qui bloque l’homologation nécessaire pour importer et vendre de nouveaux modèles aux États-Unis. Le texte ne cite pas nommément les robots tondeuses, mais sa définition les couvre directement, et la mesure touche une catégorie où la majorité des marques suivies par SpecsLib, dont Mammotion, Dreame, Ecovacs, Segway Navimow et MOVA, fabrique hors des États-Unis.
La règle ne vise pas spécifiquement la Chine, cela dit. La fiche technique de la FCC elle-même définit le critère comme une production « quelle que soit la nationalité d’origine », donc une marque basée en Europe n’y échappe pas automatiquement. Husqvarna, qui fabrique une partie de sa gamme de robots tondeuses en Europe, reste soumise à la même obligation d’homologation que n’importe quelle autre marque pour un nouveau modèle produit hors des États-Unis.
Ce que couvre réellement la règle
La définition de la FCC vise tout appareil mécanique qui se déplace au sol, pèse plus de 2 kg (4,4 livres) station de charge comprise, perçoit son environnement, se connecte en Wi-Fi, Bluetooth ou cellulaire à 200 kbit/s ou plus, et fait tourner un logiciel qui pilote ses déplacements. Cette description correspond à pratiquement tous les robots tondeuses sans fil vendus aujourd’hui : positionnement LiDAR ou RTK, connexion à une application et station de charge sont désormais la norme du marché. Cette action fait suite à une détermination de sécurité nationale émise par un organisme interministériel réuni par la Maison Blanche, qui invoque des risques de chaîne d’approvisionnement et de cybersécurité liés aux robots connectés fabriqués à l’étranger.
Ce qui ne change pas
Rien ne change pour un robot déjà possédé ou déjà en vente aux États-Unis. La fiche technique de la FCC précise que la restriction « n’affecte pas l’utilisation des appareils déjà achetés par un consommateur », et que les modèles déjà homologués peuvent continuer à être importés, commercialisés et vendus sans nouvelle démarche. Les mises à jour logicielles de ces modèles restent également autorisées, via une dérogation distincte valable au moins jusqu’au 1er janvier 2029. Concrètement, ce sont tous les modèles déjà homologués et vendus aux États-Unis qui ne sont pas concernés, pas l’ensemble du catalogue mondial de SpecsLib : le Segway Navimow i110, le Dreame A3 AWD Pro 5000 et l’Ecovacs GOAT A3000 LiDAR Pro en sont trois exemples déjà vendus aux États-Unis aujourd’hui.
Cette règle américaine n’a par ailleurs aucune conséquence sur l’homologation CE : un robot tondeuse déjà commercialisé en France ou ailleurs en Europe continue de l’être normalement, la Covered List de la FCC n’a aucune portée réglementaire hors des États-Unis.
Segway a réagi directement pour sa gamme Navimow : « Il n’y a aucun impact immédiat pour les clients Navimow actuels, car tous les modèles Navimow actuellement vendus aux États-Unis ont déjà reçu l’homologation de la FCC. L’interdiction n’affecte pas la vente, le service ni l’usage continu des produits existants », a indiqué l’entreprise, précisant qu’elle « évalue les voies de mise en conformité pour ses futurs produits », dont la procédure d’« approbation conditionnelle » de la FCC.
Ce qui change vraiment
La règle vise ce qui n’est pas encore homologué. Les nouveaux modèles issus d’usines étrangères, en pratique les gammes 2027 et 2028, ne peuvent pas obtenir l’homologation standard de la FCC. L’exception est l’« approbation conditionnelle », délivrée non par la FCC elle-même mais par le Department of War, pour les fabricants qui soumettent un plan de relocalisation. Techlicious a évoqué un seuil de 65 % de composants d’origine américaine pour cette approbation, un chiffre qui n’apparaît dans aucun document officiel de la FCC (avis publics DA 26-786, DA 26-789, ni la fiche technique DOC-423682A1) : à traiter comme une information de source secondaire non confirmée, pas comme une règle publiée. Il existe cependant un précédent concret : quand le Department of War a appliqué une règle comparable aux routeurs connectés en mars 2026, Netgear et Eero ont tous deux obtenu l’approbation conditionnelle en quelques semaines, pas en plusieurs années. Cela ne garantit rien pour les fabricants de robots tondeuses (aucun de Mammotion, Dreame, Ecovacs, Segway Navimow ou MOVA n’a communiqué d’intention de suivre cette voie), mais cela nuance l’idée que les gammes 2027 seraient d’ores et déjà condamnées. Attendez-vous à une réelle incertitude autour des annonces 2027, et à ce que les marques misent davantage sur le rafraîchissement des références existantes (firmware, fonctions par abonnement, offres groupées) le temps qu’un éventuel plan de relocalisation aboutisse.
En résumé pour l’acheteur
Pour un acheteur en France ou ailleurs en Europe, cette décision américaine n’a aucun effet direct : l’homologation CE des robots tondeuses n’est pas concernée, et les modèles vendus ici continuent de l’être normalement. L’effet indirect à surveiller est ailleurs : si l’accès au marché américain se complique pour les nouvelles gammes 2027 de marques comme Mammotion, Dreame ou Ecovacs, certaines pourraient rediriger une partie de leurs volumes de production vers l’Europe, ce qui jouerait plutôt en faveur des acheteurs européens sur la disponibilité et les prix. Rien à faire de particulier aujourd’hui, si ce n’est suivre la façon dont chaque marque gère sa mise en conformité américaine pour 2027, un signal utile sur sa solidité industrielle globale.
